On entre dans la vie de quelqu'un comme on en ressort: sans trop savoir comment ni pourquoi, avec nos bagages, nos espoirs, nos craintes, nos tâtonnements, notre manque d'assurance, notre sourire d'incrédulité devant tant de bonheur ou son contraire...
Rien pour nous préparer à débarquer, mais encore moins pour nous préparer à quitter, ou à être quitté.
Et puis un jour tout s'écroule, du moins notre tout à nous.
Et puis les autres nous disent de ne pas nous retourner, de continuer. D'être fort. Il y en a pour dire que cela ne valait pas le coup. D'autres qui essayent de nous convaincre qu'il y aura mieux. Certains mentionneront le destin, ce qui est dû pour arriver, et ce qui ne l'est pas. On nous console, on argumente, on ressasse les souvenirs. On hoche la tête, on essaie de se relever, de croire encore, on essaie de ne pas espérer, on essaie de se retrouver.
Et puis on se retrouve seul face à soi-même et c'en est tellement épeurant, tellement désespérant, qu'on essaie de fuir ses propres pensées, d’enfouir les émotions, on se concentre à respirer, allez une autre bouchée d'air, ça finira par aller, il paraît.
Et puis on se retrouve seul et on essaie de comprendre l’incompréhensible. Mais il n'y a rien à comprendre.
Lorsqu'on cesse d'essayer de trouver réponse à des questions qui n'en possèdent pas...Lorsqu'on lâche prise et décide d'errer dans la profondeur de nos sentiments blessés...Lorsqu'on cesse de combattre la réalité au lieu de vouloir la façonner...Lorsqu'on laisse la douleur entièrement nous envahir pour éventuellement la surpasser...alors seulement peut-on recommencer à vivre.
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