1 févr. 2013

L'inexplicable

On entre dans la vie de quelqu'un comme on en ressort: sans trop savoir comment ni pourquoi, avec nos bagages, nos espoirs, nos craintes, nos tâtonnements, notre manque d'assurance, notre sourire d'incrédulité devant tant de bonheur ou son contraire...

Rien pour nous préparer à débarquer, mais encore moins pour nous préparer à quitter, ou à être quitté.

Et puis un jour tout s'écroule, du moins notre tout à nous.

Et puis les autres nous disent de ne pas nous retourner, de continuer. D'être fort. Il y en a pour dire que cela ne valait pas le coup. D'autres qui essayent de nous convaincre qu'il y aura mieux. Certains mentionneront le destin, ce qui est dû pour arriver, et ce qui ne l'est pas. On nous console, on argumente, on ressasse les souvenirs. On hoche la tête, on essaie de se relever, de croire encore, on essaie de ne pas espérer, on essaie de se retrouver.

Et puis on se retrouve seul face à soi-même et c'en est tellement épeurant, tellement désespérant, qu'on essaie de fuir ses propres pensées, d’enfouir les émotions, on se concentre à respirer, allez une autre bouchée d'air, ça finira par aller, il paraît.

Et puis on se retrouve seul et on essaie de comprendre l’incompréhensible. Mais il n'y a rien à comprendre.

Lorsqu'on cesse d'essayer de trouver réponse à des questions qui n'en possèdent pas...Lorsqu'on lâche prise et décide d'errer dans la profondeur de nos sentiments blessés...Lorsqu'on cesse de combattre la réalité au lieu de vouloir la façonner...Lorsqu'on laisse la douleur entièrement nous envahir pour éventuellement la surpasser...alors seulement peut-on recommencer à vivre.

19 nov. 2010

Pensée 11: Désir de vivre

La vie est drôlement faite parfois. Combien de fois elle m’a fait la cour, combien de fois elle m’a joué des tours? J’ai arrêté de compter, d’analyser, me suis contentée d’accepter, laisser passer. Parfois même apprécier.
J’ai souvent voulu oublier, enfouir ces souvenirs impossibles à partager. J’ai souvent oublié, mais pas tout à fait. J’ai souvent nié, cachant mes arrière-pensées.
J’ai souvent voulu fuir, sans jamais l’avouer. Je l’ai fait, désemparée. Je le referais, envoyant la réalité balader. En vous servant des prétextes plus qu’élaborés, empreints, au fond, de simplicité.
J’ai souvent voulu me confier, trop parler, afficher mes sentiments dits exagérés. Au lieu, je gribouille, des feuilles je noircis, j’écris, je reformule, j’affirme sur papier ce qu’il m’est interdit de crier au monde entier.
J’ai souvent voulu me démarquer, impressionner, personnifier celle dont on se souviendrait. Et puis, je n’ai plus voulu rien prouver. Le masque est tombé. Le moi est resté. Empreint d’une certaine fragilité. Marqué, un brin désillusionné, mais jamais blasé.
Je mentirais si je vous disais que j’ai cessé de me questionner. Sur la vie, l’amour, la mort, tous ces concepts surexploités mais jamais réellement incarnés. Plus je pense et plus je me perds. Plus je me perds et plus je revis.
Sans voie tracée, je cherche à continuer. Quitte à me tromper, tomber, me relever, retourner, recommencer.
À la condition qu’il n’y ait jamais aucun regret.

29 nov. 2009

J'ai...

La rage au ventre
Le mal au cœur
Le corps qui tremble
La vie qui se meurt.

Les dents trop serrées
Le rictus trop prononcé
Le visage déformé
Le regard barbouillé

L’envie de hurler
Le besoin de fuir
L’envie d’oublier
Le besoin de détruire

Trop de souvenirs
Pas assez de plaisir
Trop de moi
Pas assez de toi.