Il me l’a dit, mais au début, je n’ai pas vraiment compris. Il m’a expliqué, mais à cette maladie, je ne pouvais l’associer. Et puis soudain, si.
Ce regard lointain, détaché, trahissait le vide qui l’habitait. Ce calme légendaire, cette tranquillité n’étaient que de l’ennui déguisé. Cette intelligence supérieure qu’on lui attribuait a fini par lui peser. Du pied d’étal, il a peut-être voulu descendre, mais ne savait pas trop comment s’y prendre. Sa détresse, il a parfois voulu en parler. Peut-être même qu’il a essayé. Mais qui l’a écouté?
Lorsqu’on est catégorisé, lorsqu’on est promis au succès, difficile de se laisser tomber, même si ce n’est que pour mieux se relever.
Pourtant, lui, il l’a fait. Finis les sourires forcés. Fini le temps où il se mentait. Finie l’époque où il préférait tout nier. C’est au tour de la vérité de s’imposer. Quitte à ce qu’elle soit source de malaise, quitte à ce qu’elle ne soit pas tout à fait comprise, quitte à ce qu’elle culpabilise.
Sa maladie, elle a un nom. Dépression. Une maladie sournoise parce que souvent trop discrète. Une maladie invisible parce que trop vite, le regard se détourne. Une maladie qu’on attrape et qui nous pourchasse, comme un microbe trop tenace qui obstinément à nous s’accroche. Une maladie qu’on ne choisit pas mais qui, tout d’un coup, s’abat.
Une maladie qui se traite. Lentement. Parfois péniblement. Mais sûrement. Avec un peu d’aide et de soutien, assurément. Avec un peu d’intérêt, de chaleur, d’amour, de lumière. Et quelques pilules, bien sûr.
Une maladie qu’il ne faut jamais sous-estimer. C’est lorsqu’on l’imagine partie qu’elle revient brutalement s’immiscer dans nos vies.
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